Primo

L'actualité en perspective

La résistance aux idées reçues

La lutte contre la doxa ambiante

 

Toutes nos analyses par thème et mots clés disponibles en utilisant notre fonction "recherche"

 Brèves
 05-05-2008 : Hep, taxi !

Hep, taxi !

Une dépêche d’Euronews datée de ce lundi matin à 7h45 annonce : L'ONU va cesser ses distributions de nourriture à Gaza.

Pas en représailles contre les terroristes qui bombardent incessamment les civils israéliens, non. Pour cause de panne d’essence !

Qui dit carburant dit transport.

Justement, dimanche 4 mai, à 21 h 21, Associated Press informait le grand public que des militants du Hamas proposent de transporter les habitants en voiture de police pour remédier à la « paralysie du trafic » causée par la pénurie de carburant.

Bien des Palestiniens, (la majorité silencieuse qui, comme son nom l’indique, n’est jamais interrogée par les grands médias et envoyés spéciaux), considèrent depuis quelques mois que le Hamas se moque éperdument d’eux.

A force de voir leurs députés jouer dans le noir comme des enfants de 5 ans devant la communauté internationale (lire sur Primo), les Palestiniens s’interrogent sur le fait que la police islamique des mœurs semble disposer de réserves inépuisables de carburant pour leurs véhicules.

La grogne a tellement monté malgré les intimidations et les menaces de représailles que le Hamas a décidé de lâcher du lest.

Et de quelle manière !

Désormais, les voitures bleues de la police du Hamas portent des autocollants sur lesquels on peut lire: "Nous sommes prêts à vous véhiculer gratuitement".

Cette police ne sait plus comment expliquer ce que son propre mouvement vient d’avouer, à savoir qu’il n’arrive plus à stopper les livraisons de fuel provenant d’Israël et qu’aucune pénurie n’est donc à craindre.

En effet, à 8 h 51 le dimanche matin 4 mai, Kaanan Obeid, un responsable de l'Autorité énergétique de Gaza a affirmé qu'Israël livrait du carburant à l'unique centrale électrique de la Bande de Gaza.

Ainsi, les dépêches selon lesquelles l’ONU est empêchée d’effectuer ses livraisons de nourriture sont-elles, au mieux, mensongères, au pire le signe d’une nouvelle manipulation.

Chris Gunnes, responsable de l'agence onusienne en charge des réfugiés palestiniens, l'UNRWA, a indiqué dimanche, mais quelques heures plus tard, que l'organisation n'avait pas reçu de carburant et qu'elle avait dû annuler ses distributions de nourriture prévues lundi.

Une question se pose

Si les voitures de police peuvent circuler et transporter gratuitement des passagers, c’est que le carburant ne manque pas à Gaza. Si les organisations humanitaires n’en disposent pas, il faut chercher ailleurs qu’en Israël les raisons de la pénurie.

Car ce pays continue à livrer Gaza en carburant malgré les attaques répétées sur ses propres centrales et les 2 morts israéliens tués lors d’une offensive du Hamas.

Il deviendrait presque lassant de repérer les contradictions entre les déclarations ampoulées des dirigeants islamistes et celles, tout aussi partiales, des responsables humanitaires.

Relevons également un effet collatéral de cette police-taxi. Les Gazaouites seront, dans les jours à venir, beaucoup moins libres d’aller et venir sans que la police des mœurs n’en soit informée.

Pour un régime policier, transporter ses citoyens à leurs lieux de rendez-vous, c’est une aubaine inespérée. Le KGB en rêvait. Le Hamas l'a fait.

Tant pis pour les petits têtes-à-têtes prévus par les amoureux. Ceux-ci ne sont, de toute manière, pas corrects au sens strict de la Charia. Les femmes de Gaza ne survivent en général pas à de tels "soupçons".

Yousra al-Azzam a été assassinée par la police religieuse du Hamas pour avoir commis le crime de pique-niquer sur la plage avec un homme qui était son fiancé. Les policiers assassins ont argué de leur bonne foi: ils ignoraient que les bans avaient été publiés. Ils ont, depuis, été relâchés.

Ne plus rouler pendant quelques minutes

En Israël, le problème du carburant ne se pose pas. C'est pour une autre raison que les voitures se sont immobilisées, le 1er mai 2008 à 10 h. Comme tous les ans, les Israéliens se sont figés. Tout un pays debout, pour la commémoration du Jour de la Shoah.

Voitures, bus, au travail, chez soi… arrêt total pendant les deux petites minutes indiquées par des sirènes d’alerte. Les voitures de centaines d'Arabes israéliens ont profité de ces deux minutes pour klaxonner en continuant à rouler.

Surtout ne pas faire deux minutes de silence pour respecter le crime imprescriptible quand on rêve de le rééditer!

Leurs alter-ego à Gaza recevront quand même vivres et carburant. Où est la dignité ?

© Primo, 5 mai 2008

.

 Brèves
 29-04-2008 : Les Hôpitaux de Gaza à sec

Les hôpitaux de Gaza à sec

C’est dans la plus totale discrétion médiatique qu’ont eu lieu ce dimanche des affrontements entre palestiniens.

Pour en rendre compte, on a assisté à une petite mise en scène de l’AFP comme elle seule en a le secret.

"Le ministère palestinien de la Santé a accusé dimanche des membres du Hamas d'avoir ouvert le feu sur des camions-citernes qui devaient livrer des carburants aux hôpitaux de la bande de Gaza, soumise à un blocus israélien".

"Des membres du Hamas ont ouvert le feu dimanche dans la bande de Gaza contre des camions-citerne qui devaient livrer des carburants destinés aux hôpitaux de ce territoire", a indiqué un communiqué publié à Ramallah, en Cisjordanie, où se trouve le siège de l'Autorité palestinienne (AFP - 27/04/08 - 20h20)

De ces deux phrases du communiqué de l’AFP, le moindre lecteur peut en conclure que les membres du Hamas organisent la pénurie à seule fin de propagande.

Le moindre lecteur ayant un quotient intellectuel normal, malgré les techniques de pointe employées par nos télévisions pour laver le cerveau de nos concitoyens, s’entend.

Comment qualifier autrement que « crime contre l’humanité » le fait d’empêcher le ravitaillement des hôpitaux ? C’est pourtant bien ce à quoi se livre le Hamas depuis qu’il est au pouvoir dans la bande de Gaza.

Primo, mais pas seulement lui, dénonce depuis des mois l’attitude suicidaire des dirigeants islamistes qui préfèrent voir crever la population dont ils ont la charge plutôt que de prendre soin d’elle.

L’AFP se livre une fois encore à un bas exercice de propagande.

La preuve ? Lire ci-après :

La population de la bande de Gaza fait les frais d'une "guerre du carburant" que se livrent le Hamas et Israël depuis trois semaines.

Le Hamas tue les employés du point de passage qui sert à approvisionner la bande de Gaza. Le Hamas attaque les camions dans Gaza même afin de les empêcher de livrer le carburant à des hôpitaux. Le Hamas préfère utiliser ce carburant pour ses 4x4 blindés qui transportent les tireurs de roquettes jusqu'aux pas de tir.

Mais tout ce que parvient à ânonner l’agence de presse, c’est que la population gazaouite fait les frais d’une guerre du carburant que se livrent le Hamas et Israël.

Sous entendu : Israël a le pétrole, c’est donc lui qui est à blamer.

Avec l’AFP, c’est souvent ainsi. Plus la ficelle est grosse, mieux cela marche. A meilleure preuve, c’est que cette dépêche a été reprise sans aucune correction ni analyse par quelques médias nationaux.

Et il n'y avait, étrangement, aucun journaliste pour dénoncer ce crime. Charles Enderlin n’était pas sur place, comme d’habitude. Il n’a donc pas pu en parler.

Patrick Saint-Paul, du Figaro, était à l’inauguration du dernier bistrot branché dans les faubourgs de Tel Aviv.

Ce qui fait que les hôpitaux n’ont pas reçu de carburant, de l’aveu même de responsables de l’Autorité palestinienne.

Dans quelques jours, cette pénurie sera mise sur le compte d’Israël. Les groupes "France Palestine" dénonceront le régime sioniste criminel. Les journalistes de l’AFP auteurs de cette immondice et de sa propagation continueront à collecter leurs points de retraite dans leurs bureaux de l’île de Chypre.

Bah, l’été arrive. Heureusement, ils viennent juste d’y installer la climatisation. On respire !

© Primo, 28 avril 2008

 Brèves
 28-04-2008 : Liban : un socialiste en otage

L’internationale socialiste en otage

Karim Pakzad, membre du Parti socialiste français, a été arrêté et détenu durant 5 heures par le Hezbollah. M. Pakzad a affirmé qu’il a été conduit dans un endroit les yeux bandés, et mis dans une cellule fermée pendant cinq heures "dans un isolement quasi total". Il a également souligné que son portable et son portefeuille avaient été confisqués (AFP).

Le Hezbollah, affirme, lui, qu’il a traité le captif avec respect et politesse. Il convient donc de noter que mener un innocent les yeux bandés dans un endroit inconnu et le laisser à l’isolement pendant 5 heures est, pour le mouvement chiite, le signe du respect et de la politesse.

Il est vrai que cet otage n'est resté que 5 heures entre les mains de la milice islamiste. D’autres otages français n’ont pas eu cette chance. Michel Seurat n’en est pas revenu. Les autres ont perdu plusieurs années de leur vie pour rien.

Le 8 mars 1986, 4 journalistes français sont enlevés à Beyrouth : Georges Hansen, Jean-Louis Normandin, Philippe Rochot et Aurel Cornea sont pris en otages au Liban par le Hezbollah. Ils viennent rejoindre Marcel Carton, Marcel Fontaine, Jean-Paul Kaufmann et Roger Auque dans la solitude glacée des caves de Beyrouth. Ils ne savent pas encore que Michel Seurat va être exécuté quelques mois plus tard. Pour certains, ils y resteront 3 ans.

Sachant cela, il faut imaginer les 5 heures de Karim Pakzad comme un moment plutôt difficile qui n'avait rien d'une simple garde à vue.

Le Hezbollah a reconnu dimanche que ses militants avaient interrogé le représentant du Parti socialiste français à l’Internationale socialiste, Karim Pakzad, dans la banlieue sud de Beyrouth. C’était, prétend le mouvement, pour s’assurer qu’il n’avait pas la nationalité israélienne.

Si cela avait été le cas, le Hezbollah aurait eu un otage en plus à monnayer auprès de l’Etat hébreu.

Avec cet acte gravissime, qui n’a bizarrement pas soulevé l’indignation du côté de la rue de Solférino qu’on a connu plus loquace dans d’autres affaires, le Hezbollah marque son territoire, frappe l’imagination des partis politiques en place à Beyrouth, et intimide un peu plus les opposants au régime syrien.

Et si, en plus le délégué socialiste avait été Israélien, c’était tout bénéfice.

"Après nous être assurés que le Français et son compagnon ne possédaient pas la nationalité israélienne, nous n’avions plus de problèmes avec eux", a assuré le représentant du Hezbollah.

Heureusement pour lui, Karim n’était pas Juif, simplement représentant d’un parti politique, ces groupes idéologiques que le Hezbollah supprimera à son arrivée au pouvoir car trop représentatif d’une idée que ce mouvement déteste : la démocratie.

Ne pas être Juif présente assurément de grands avantages en certaines périodes de l’Histoire. Le problème est que cela a une légère tendance à se reproduire fréquemment, depuis 2000 ans.

En ce qui concerne cet enlèvement, nous attendons encore les protestations officielles de la France et du Parti Socialiste. Il parait que c'est les vacances en région parisienne

© Primo, 27 avril 2008

 Brèves
 24-04-2008 : La Libye ne tient plus

La Libye ne tient plus

Depuis qu’elle a fait son retour dans la communauté des nations, la Libye hausse le ton.

Tripoli siège au Conseil de sécurité depuis le 1er janvier 2008 et pour deux ans, parmi les neuf autres membres non permanents. Pour fêter l'événement, elle s’est même vue offrir sur un plateau la présidence du Conseil de Sécurité pour 30 jours en ce froid mois de janvier. Quelle belle reconnaissance !

"Nous sommes de retour dans la communauté internationale", avait triomphalement déclaré l'ambassadeur libyen à l'ONU, Giadalla Ettalhi. Les opposants libyens emprisonnés n’ont pas pu applaudir.

Dommage, car les occasions de se réjouir dans les prisons libyennes sont assez rares depuis quelques dizaines d’années. Et puis, comment applaudir lorsqu'on est sans cesse interrompu par des séances de torture ?

Pendant ce mois de Janvier, la Libye a à peu près autant brillé que lors de sa présidence du Conseil de Droits de l’Homme de l’ONU ancienne formule. C'est-à-dire qu’elle n’a pas fait grand-chose, sauf travailler à défendre l’Iran contre les sanctions internationales et cherché des poux dans la tête à Israël. Il est vrai que ces deux opérations suffisent déjà à remplir l’agenda mensuel d’un diplomate « honnête » et de sa délégation.

Revenue depuis le 1er février à l’état de simple membre invité, elle cherchait un moyen de faire parler d’elle. C’est chose faite.

Double attaque vicieuse

Il y a 24 heures, son ambassadeur a provoqué un incident en séance. Giadalla Ettalhi, « a comparé la situation à Gaza à celle des camps de concentration nazis durant la Seconde guerre mondiale ».

L'ambassadeur de France, Jean-Maurice Ripert, a alors ôté l’oreillette qui lui servait à entendre la traduction, s'est levé et a quitté la salle, aussitôt suivi par les autres ambassadeurs européens et américain.

Après la séance, l'ambassadeur de Syrie, Bachar Jaafari, est venu à la rescousse de son collègue libyen :

"Malheureusement, ceux qui se plaignent d'avoir été les victimes d'un génocide (pendant la Seconde guerre mondiale) répètent le même genre de génocide contre les Palestiniens", a-t-il déclaré à la presse.

L’ignominie de cette comparaison est dans la droite ligne idéologique de ces deux dictatures. Outre le fait que les Palestiniens sont passés de 700.000 à 3 millions de personnes, ce qui ne ressemble pas vraiment à un génocide, les Syriens et les Libyens n’ont pas voulu s’étendre sur le sort de leurs minorités respectives et les dizaines de milliers de morts dont ils sont responsables.

Sans parler des infirmières bulgares, des attentats et plus généralement, du soutien au terrorisme international. Là dessus, ces deux régimes sont d’une discrétion absolue. Ils interdisent même à toute ONG, Croix Rouge comprise, de visiter leurs prisons et d’enquêter sur les massacres de masse.

Et la diplomatie libyenne en remet une couche aujourd’hui.

24 heures après l’incident, l’ambassadeur-adjoint renchérit dans l’horreur et le mensonge. Là ou son collègue s’était contenté de comparer des situations incomparables, il prétend que c’est pire.

« C'est plus que ce qui s'est passé dans les camps de concentration parce qu'il y a les bombardements, les bombes chaque jour à Gaza », a déclaré à la presse Ibrahim Dabbashi. « C'est pire parce qu’il n'y avait pas de bombardements sur les camps de concentration nazis pendant la Seconde guerre mondiale ».

Cette remarque, d’un crétinisme absolu, témoigne bien du négationnisme dans lequel baignent les dirigeants arabes. Les Juifs de l’époque auraient bien voulu que leurs camps soient bombardés par les armées alliés, de même que les voies de chemins de fer qui y menaient. Tout plutôt que de subir l’horreur sans nom de la Shoa.

Déjà en Janvier, le Conseil de sécurité de l'ONU avait renoncé à adopter une déclaration sur la situation à Gaza, après l'échec d'une tentative libyenne de trouver un compromis.

"Malheureusement, le Conseil de sécurité a décidé d'arrêter les discussions" sur ce texte, s’était lamenté à l’époque l'ambassadeur de Libye en imputant cet échec aux Etats-Unis. Mais il ne dit pas tout, comme à son habitude.

Le Conseil était proche d'un accord. 14 membres du Conseil s'étaient entendus sur ce texte.

"Nous regrettons que le Conseil n'ait pas pu adopter une déclaration à la fois sur la situation humanitaire à Gaza et sur la situation sécuritaire à Gaza et dans le sud d'Israël (...) Cela est d'autant plus regrettable que le Conseil était proche d'un accord qui aurait permis de réagir à la gravité de la situation et pour la première fois de condamner la recrudescence de la violence, en particulier les attaques terroristes de roquettes contre Israël". C'est toujours Jean-Claude Ripert, l'ambassadeur de France qui s'exprime ainsi.

En fait, c’est Ettalhi lui-même qui avait alors indiqué avoir besoin de temps pour pouvoir consulter son gouvernement, bloquant ainsi toute possibilité de vote.

Pour le Libyen, il fallait condamner Israël tout en faisant le silence sur les tirs de roquettes que subit quotidiennement sa population civile. Son adjoint, illettré et nauséeux, vient de pousser plus loin encore la veulerie.

L’honnêteté n’est pas une vertu à pratiquer lorsqu’on est diplomate. Et encore moins lorsqu'on est diplomate libyen.

Il s’agit peut-être des prémisses d’une vaste offensive du camp arabe au moment où monte la tension avec l’Iran. Il serait bon de s’assurer que la dite offensive ne soit que diplomatique.

Avec la Libye, il est hasardeux de trop parier là-dessus. Si elle est capable de proférer de telles insanités devant la communauté internationale, c’est qu’elle sait pouvoir compter sur un soutien sans faille des pays arabes.

Il serait pourtant tout à l’honneur de ceux-ci de se désolidariser immédiatement de cette déclaration insensée.

Un silence de plus ne signifierait rien de bon pour la paix du monde.

© Primo, 24 avril 2008

 Brèves
 19-04-2008 : Attaque à Keren Shalom

Attentat à la voiture piégée à Keren Shalom

Plusieurs combattants islamiques, sous le couvert de tirs de mortier et d'un épais brouillard, ont attaqué le point de passage de Keren Shalom, à proximité de l'endroit où a été capturé Guilad Shalit.

Situé dans le kibboutz du même nom, ce lieu contient des entrepôts servant à stocker les marchandises avant leur acheminement vers Gaza.

Mais le Hamas coupe systématiquement toutes les voies permettant au peuple palestinien de recevoir de la nourriture et des vivres.

Les kamikazes ont fait exploser une voiture piégée sur le site. Résultat immédiat : tout acheminement est stoppé.

Trois Palestiniens ont été tués dans l'explosion et les échanges de tirs qui ont suivi. Un autre véhicule a suivi et a pu repartir sans exploser.

Au moins 12 soldats ont été blessés. Au même moment, une autre voiture blindée a été vue près de la frontière de Gaza en direction du kibboutz voisin de Nirim. Un blindé israélien a tiré et touché le véhicule.

Dans un communiqué, la branche armée du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, a revendiqué les attaques à Keren Shalom, déjà cible la veille d'une tentative d'attaque palestinienne.

C'est la première fois depuis plusieurs mois que les Palestiniens ont recours à des voitures piégées.

Pour le porte-parole du gouvernement israélien, Mark Regev, l'attaque montre "l'agenda nihiliste" du Hamas. "Le Hamas n'est pas du tout intéressé par le bien-être de la population de Gaza."

Le 9 avril, des islamistes ont attaqué le terminal de Nahal Oz, où transite le carburant entre le nord de Gaza et Israël, tuant deux gardes israéliens. Cela avait provoqué l’arrêt temporaire des livraisons de fioul.

Interruption aussitôt dénoncée par le mouvement islamiste auteur de l’attaque.

Le discours du Hamas consiste un peu à dire : « J’ai le droit de vous tirer dessus, vous n’avez pas le droit de riposter, sinon c’est de la provocation et un crime contre l’humanité. Vous avez en revanche le devoir de continuer à me nourrir ».

Si elles adoptaient cette manière de s'exprimer, les dépêches des grandes agences gagneraient en clarté.

Mais tout esprit éclairé l’aura compris : on a affaire là à la stratégie de victimisation qui n’a aucune raison d’être abandonnée tant que la « communauté internationale » continuera de faire semblant de l’ignorer.

© Primo, 19 avril 2008

 Brèves
 05-04-2008 : Des prisons poreuses

Des prisons poreuses

L’Autorité Palestinienne n’a vraiment plus beaucoup de moyens financiers. Les 150 millions d’euros qui vont lui être versés par l’Union européenne vont être affectés à des dépenses sécuritaires.

Et il n’est que temps. Un établissement pénitentiaire, au-delà des qualités d’humanité que l’on est en droit d’exiger de tout Etat démocratique, doit être par essence hermétique.

Du moins en ce qui concerne la circulation de l’intérieur vers l’extérieur. Sinon, on appelle cela une auberge de jeunesse.

Un fait divers de ce jour vient mettre en lumière la porosité extrême des prisons palestiniennes.

Douze islamistes palestiniens se sont évadés vendredi soir après avoir été battus par les gardes palestiniens. A la lecture d’une telle dépêche, la précision s’impose de suite.

Il ne faudrait pas que l’on imagine qu’ils aient pu être traités de manière inhumaine par Israël. Ce n’est en effet guère l’habitude des agences de presse que de décrire Israël comme un Etat brutal et sanguinaire.

Jamais ! Précisons donc que ces prisonniers palestiniens étaient battus par d’autres Palestiniens dans une prison palestinienne.

« Les 12 membres des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa se sont enfuis après que des gardes masqués les eurent frappés avec des matraques à la suite d'une bagarre entre détenus dans la prison gouvernementale de Jneid, a déclaré Mahdi Abou Ghazaleh au téléphone » (AP).

Ces hommes s'étaient rendus avec des dizaines d'autres islamistes à la police palestinienne en janvier. Pour ne plus être traqués par Israël, ils avaient accepté de purger une peine dans un établissement palestinien. Ils avaient choisi la privation de liberté au risque d’une exécution ciblée. Les assassins ont eu le choix, pas leurs victimes

Démarche courageuse de la part des Brigades des martyrs d’Al Aqsa que d’aller se réfugier en prison après avoir causé la mort d’au moins 1.100 civils Israéliens depuis le retour des violences en 2001.

Lorsqu’en France, un prisonnier s’évade, il est demandé une enquête immédiate au plus haut niveau de l’Etat.

Sous autorité palestinienne, ces douze détenus envolés représentent un épiphénomène qu’il n’est point besoin d’évoquer.

Si ces islamistes, de nouveau libre de leurs mouvements, organisent des attentats sur le territoire israélien, Mahmoud Abbas se contentera de le déplorer en affirmant que cela nuit à la cause palestinienne, sans autre empathie pour les victimes.

Les agences de presse se satisferont de cette déclaration. Les politiques aussi. Et les Israéliens pleureront.

Pas à dire, les prisons palestiniennes sont vraiment poreuses. Mais qu’importe : ce ne sont que de potentiels assassins de Juifs qui se sont évadés aujourd’hui.

© Primo, 5 avril 2008

 Brèves
 04-04-2008 : Les pauvres, c'est pas décoratif

Les pauvres, c’est pas décoratif…

(2/04/08 - 13h00) Pour le sommet de l'Otan (du 2 au 4 avril) à Bucarest, les autorités roumaines ont demandé à plusieurs ONG d'aider la police à "vider" le centre des sans-abri. Des dizaines d'enfants des rues ont été transportés en bus à une dizaine de kilomètres hors de la ville.

Nettoyage de printemps

C'est à Bucarest que se tenait le sommet de l'Otan. Cruel honneur pour les plus pauvres. Tous n'ont pas la grâce du jeune mendiant de Murillo. On peut aimer l’humanité mais détester les gens. On peut s'émouvoir d'une image et s'agacer d'une réalité. Infinie délicatesse européenne. Pour la ménager il a fallu prendre quelques dispositions.

Ceux qui n'ont pour gîte que la rue et les asiles de nuit ont été menés plus loin. Des enfants ont pris place dans des cars. Transportés vers un autre abri, avec l'aide d'ONG. Petit ménage de printemps. Le respect des traditions.

Le respect des humains ? C'est plus embarrassant. Si en Roumanie la pauvreté est criante, elle n'est pas absente de nos villes. Elle n'y est pas plus acceptable. Ni pour ceux qui la subissent, ni pour ceux qui la croisent.
L'éloigner des regards c'est choisir son camp.

Je pense à ce couple rencontré lors de cours d'alphabétisation. Ils venaient d'Arménie. Leur regard,quand j'ai prononcé le nom d'Erevan !

Splendeur des pays dans les yeux de ceux qui les aiment. Entre deux apprentissages, nous avons bavardé, nous avons ri. Nous avons cessé de rire. Ils m’ont dit leurs journées. Sans se plaindre. Juste raconté. Comme on se parle de choses et d’autres, au quotidien. C’était très simple : ils marchaient des heures et des heures. La saison leur imposait ce rythme. Les humains n’hibernent pas. L’immobilité est dangereuse.

Le centre d’accueil avait des horaires très stricts. Ceux du sommeil.

Le jour ils marchaient. Malgré leur âge. Rien en eux ne pouvait heurter ou déranger les passants. L’ordre des villes n’en était pas troublé. Ils ne demandaient rien. L’errance peut sembler promenade.

Un homme et une femme apprenaient, dormaient le soir et le jour marchaient dans les rues. Ils n’étaient pas de ceux auprès de qui quelque célébrité peut prendre la pose pour exhiber sa belle âme. Quelque chose en eux n’était pas brisé.

Des pauvres très convenables. De ceux qu’il n’est pas nécessaire d’évacuer les jours de gala.

Leur dignité intacte. La nôtre qu’en est-il ?

Qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs, est-ce la seule place que nous voulons accorder à ceux d'entre nous qui sont laissés au bord chemin, à ceux qui y seront laissés ? A nous-même peut-être, un jour. Les digues sont si fragiles.

Bernadette Capdevielle © Primo, 3 avril 2008.

 Brèves
 14-03-2008 : A propos du boycott arabe du Salon du Livre

A propos du boycott du Salon du Livre

Permettez qu'un goy, ou un Gentil pour être plus politiquement correct, et accessoirement officier de réserve de l'armée française, vous fasse part d'une réaction à chaud en découvrant cette affaire de boycott de pays du salon du livre.

Même si j'ai parfaitement conscience que peu de choses sont innocentes, que la venue de Simon Pérès se passe entre les 2 tours d'élections françaises notamment municipales, et que le boycott du Liban, de l'Arabie saoudite de l'Iran, ainsi que certains éditeurs algériens, marocains et égyptiens ne signifie pas boycott de toutes les consciences de ces pays ( mais où sont ceux qui s'opposent ?)

Il faut d'abord remettre la hiérarchie dans le bons sens:

Quel est le seul état réellement démocratique, respectueux des femmes et créatif du moyen orient ?

Quel est l'état qui n'expulse pas ou ne poursuit pas de mort son opposition ?

Quel est l'état, pour reprendre l'expression complète de De gaulle comprenant ce "peuple d'élite, sûr de lui-même et dominateur" qui possède le courage et l'ingéniosité pour résister à un telle disproportion démographique ?

Quels sont les chiffres ?

Depuis la création de l'Etat d'Israël il y a 60 ans, plus de 2.500 titres ont été traduits du français à l'hébreu et près de 1.000 titres de l'hébreu au français.

En 2005, les cessions du français vers l'arabe représentaient 105 titres cédés pour une traduction en langue arabe : 56 vers le Liban, 27 vers l’Egypte, 8 vers le Maroc, 5 vers l’Arabie Saoudite, 4 vers la Tunisie, 2 vers l’Algérie, 1 vers la Syrie, le Qatar, la Lybie.

Le Rapport arabe sur le développement humain publié en 2002 par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) indique que:

- le nombre de livres étrangers traduits en arabe représente un cinquième du nombre de livres traduits en grec,

- que seulement 10 000 livres au total ont été traduits en arabe depuis le 9ème siècle, ce qui, selon une comparaison fameuse, représenterait le volume annuel des ouvrages traduits en espagnol et donc 1/4 des seuls titres français traduits en hébreu.

- que le monde arabe, constitué environ 5% de la population mondiale, produit 1% des livres dans le monde. Dans ce 1% , les livres religieux représentent 17% de tous les ouvrages publiés dans les pays arabes, contre une moyenne mondiale d'environ 5%.

- Qu'en 1996, les pays arabes auraient produit 1945 œuvres littéraires et artistiques.

J'espère que mon pays, celui des Lumières, s'indignera en immense majorité de ce crime contre l'esprit que représente ce boycott.

Et que certaines belles âmes promptes à s'enflammer pour des causes moins essentielles mais plus photogéniques, sauront, elles aussi, remettre leur hiérarchie des valeurs dans le bon sens.

« Sans la culture, et la liberté relative qu'elle suppose, la société, même parfaite, n'est qu'une jungle. C'est pourquoi toute création authentique est un don à l'avenir. » (Albert Camus)

(Aimablement transmis par P. Golt)

 Brèves
 08-03-2008 : L'indulgence selon Kouchner

L'indulgence selon Kouchner

Monsieur Kouchner s'est dit lassé des déclarations condamnant les attentats. En les justifiant dans la phrase suivante, mettant à égalité terroristes et forces de défense d'un Etat. Compassion et reproches pour tous. L'Humanitaire et les Affaires étrangères façon nouvelle cuisine : un minimum et des mélanges inhabituels. Une mode est lancée. Une caution est donnée à la haine. Elle ne s'en exprime qu'avec plus de force.

Dommage. J'eusse aimé entendre notre ministre soupirer. Puis assurer de sa compréhension le terroriste basque espagnol qui a assassiné vendredi Isaias Carrasco, devant sa femme et sa fille.

Le gentil activiste d'au delà des Pyrénées doit être chagriné de ce silence. Son pays exprime un même refus. Il doit se sentir si seul. On lui a même confisqué son arme. Une arme modeste, presque artisanale.

Un petit effort Monsieur le Ministre. Chacun a ses raisons, tous les moyens se valent, vous l'avez si clairement exprimé. Vite une petite bénédiction laïque, une indulgence républicaine.

Bernadette Capdevielle © Primo, 8 mars 2008

 Brèves
 05-03-2008 : Encore Bagneux

Encore Bagneux...

Deux ans après l’assassinat ignoble et dans des conditions atroces d’Ilan Halimi, en même temps qu’un étudiant est roué de coups et insulté à Grenoble au motif qu’il était juif (lire), voici qu’une nouvelle affaire nauséabonde éclate à Bagneux. Bagneux, faut-il le rappeler, où Ilan Halimi fut séquestré et torturé avant d’être assassiné lors de l’hiver 2006.

Selon une source judiciaire, six garçons, nés entre 1983 et 1991, ont été écroués le 27 février et sont soupçonnés d'avoir séquestré un jeune homme dans un appartement puis dans un box, après l'avoir accusé de vol.

Selon la même source judiciaire, la victime, de confession juive, aurait été frappée par ses agresseurs, qui auraient écrit «sale juif» et «sale pédé» sur son visage avec un feutre épais et lui auraient fait subir des sévices, notamment à connotation sexuelle. La séquestration se serait déroulée entre 10H00 et 19H30 le 22 février, selon la même source.

La mairie de Bagneux s'est dite «choquée et indignée» mercredi au lendemain de la révélation de l’enquête.

«Il ne faut pas baisser la garde face à l'antisémitisme et ses manifestations», a déclaré mercredi à l'AFP Richard Prasquier, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF).

Selon une source proche du dossier, «on n'est pas, dans ce cas, dans un gang à la Fofana», du nom du chef présumé de la bande, qui a récemment fait l'objet d'un renvoi devant les assises.

Le fait que l’on soit ou non dans un cas «à la Fofana» ne change en rien l’analyse développée par les membres de Primo dans leur ouvrage paru en avril 2006, Ilan Halimi, le canari dans la mine.

Et la manière dont les médias relatent les derniers événements proche-orientaux n’arrangent rien à l’affaire. Elle encourage l'antisémitisme. D'interprétations partisanes en informations incomplètes, ils donnent d'Israël une image falsifiée. Le droit de se défendre devient agression. D'inexactitudes en mensonges, la haine est attisée tous les jours un peu plus.

Ce matin encore, LCI passait en boucle un reportage faisant état de la mort d’un bébé palestinien. L'émotion et la peine que suscitent une telle nouvelle , quand on ne rappelle pas pourquoi l'attaque a eu lieu, sont prêtes à se transformer en haine. La mort d'un enfant ne peut appeler qu'à la vengeance. La condamnation d'Israël est tacite. Bientôt, elle ne pourra faire l'objet d'aucune contestation.

Pendant ce temps, «l’opinion» ne saura jamais que le fameux «cycle de la violence» instrumentalisé par le Hamas n’est qu’un écran de fumée.

Pendant ce temps, «l’opinion» aura oublié que les attaques du Hamas proviennent d’un territoire entièrement évacué par Israël en août 2005 ; un territoire qui aurait pu devenir l’Eldorado palestinien si la manne financière iranienne perçue par le Hamas avait été utilisée à autre chose que l’entreprise de guerre.

Pendant ce temps, «l’opinion» ne comprendra pas qu’il suffirait que la pluie de roquettes qui s’abat sur Israël depuis 7 ans s’interrompe pour que les malheurs palestiniens cessent instantanément.

Pendant ce temps, «l’opinion» ne verra que cette famille palestinienne éplorée et se dira que des agressions et des crimes comme ceux de Bagneux ou de Grenoble peuvent se comprendre à défaut d’être excusés.

Le 6 mai 2007, on pouvait s’attendre à une rupture, y compris dans le traitement de l’information dans les médias.

Pour le moment, c’est raté.

© Primo (avec AFP), 5 mars 2008

 Brèves
 03-03-2008 : Gaza : Erdogan est ému
Gaza : Erdogan est ému

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré que l'offensive israélienne "tuait des enfants et des civils et n'avait aucune justification humanitaire".

Sur ce point, il est difficile de ne pas être d'accord avec lui. Le but poursuivi par Tsahal ces deux derniers jours n'était pas précisément de tailler une bavette avec le Hamas autour d'une tasse de thé.

Dans le même temps, les militaires turcs ont "regagné leurs bases", se retirant de l'Irak, au moins provisoirement.

L'armée précise : "Les activités terroristes dans le nord de l'Irak seront suivies de près. Aucune menace depuis ce territoire contre la Turquie ne sera tolérée" (source LE MONDE)

Notons en passant que les combattants kurdes sont appelés des "terroristes" par Erdogan et par Le Monde.

Avec quelques 200 morts côté kurde lors de la récente incursion de son armée en territoire irakien pour annihiler les bases du PKK, on se demande ce que ferait le premier ministre Erdogan si ses villes frontalières recevaient plus de 50 missiles par jour !

C’est ce qui s’appelle avoir la tolérance sélective, tout autant que le vocabulaire.

© Primo, 3 mars 2008

 Brèves
 03-03-2008 : La faute à la "R de P"
C'est la faute à la "R de P", mon général !

A la radio, sur une chaîne hautement culturelle, un diplomate africain en poste à l'ONU nous explique avec beaucoup de finesse la notion juridique de Responsabilité des Etats pour la protection civile, en droit international.

Cette responsabilité (R de P)* conduit les Etats dans certaines situations de conflit, à mener des actions violentes pour protéger les citoyens qui relèvent de leur autorité.

Selon ces textes officiels :

- L'Etat est tenu de mettre les citoyens à l'abri du besoin et de la peur.
- La paix n'est pas seulement absence de guerre.
- La paix doit permettre le développement de la Cité, le développement de l'homme et le maintien de sa sécurité.
- Il y a disqualification de l'Etat en cas de non respect de ces clauses minimales

Sderot, petite ville modeste du Sud d'Israël, distante de 5 Km de ses joyeux voisins Gazaouis a reçu 2500 roquettes en sept ans. Son économie est totalement détruite.

Obligation de développement de la Cité, avez-vous dit ?

Sderot est vidée de 30% de sa population civile.

Obligation de Sécurité, disiez vous ?

A Sderot, 80% des jeunes enfants sont énurétiques, souffrent de perte de parole et de traumatismes graves dûs à la peur des explosions.

Obligation de développement de l'homme, avais-je entendu ?

Aujourd'hui, c'est le tour d'Ashkelon, à 18 Km de ses facétieux voisins.

Nous nous approchons du coeur du pays, mon Général, et de sa capitale.

En foi de quoi, en tant que Ministre de la Défense, démocrate et respectueux des obligations internationales, j'ai fermement demandé à mes voisins d'aller jouer plus loin avec leurs fusées Iraniennes.

Je leur conseille même désormais de les installer ailleurs que dans les écoles ou dans les hôpitaux pour éviter les problèmes dits collatéraux.

Si j'ai dû me défendre, ce n'est pas de ma faute, mon Général. C'est au seul respect de la "R de P" imposée aux Etats par l'ONU !

C'est donc bien la faute à la "R de P", mon général !!

Josiane Sberro © Primo, 3 mars 2008

* "R de P" sigle officiel à l'ONU pour désigner la Responsabilité de Protéger de l'Etat

 Brèves
 03-03-2008 : Petites questions sur Enderlin
Petites questions sur Enderlin

Malgré l’abondance de l’actualité ces derniers jours en Israël, le grand journal Haaretz consacre sa première page ...à l'affaire Al Dura.

C’est assez dire l’importance accordée à ce « fait divers » et au traitement qu’en font la Justice et les médias en France.

Sur Guysen, on apprend que Daniel Seaman se pose publiquement quelques questions. ''Il y a suffisamment de preuves de sources indépendantes prouvant que l'incident al-Dura a été mis en scène pour les caméras'', déclare Daniel Seaman, chef du service de presse du Premier ministre israélien, à GIN-Paris. (Guysen.International.News)

Il poursuit : ''Le fait que Charles Enderlin dispose toujours de son accréditation presse de l'Etat d'Israël atteste de la force et de la tolérance de la démocratie israélienne, et non de l'intégrité du reportage de Charles Enderlin ce jour-là. La question n'est pas ''Pourquoi a-t-il encore son accréditif presse de l'Etat d'Israël'', mais plutôt, pourquoi France 2 l'emploie-t-elle encore ?''

France 2, toute à sa paranoïa concernant cette affaire, ne manquera pas de protester contre cette tentative d’ingérence de la part d’un Etat dans le choix de ses collaborateurs.

France 2 nous a tellement habitués à ce type de réaction qu’elle en devient prévisible au possible.

Quant à Charles Enderlin, ses dernières interventions lors des journaux télévisés montrent qu'il ne sait pas - ne sait plus - présenter les faits de manière objective.

© Primo, 3 mars 2008

 


 Brèves
 29-02-2008 : Grenoble : étudiant agressé parce que Juif
Agressé parce que Juif

Les bibliothèques des universités ne sont plus sûres de nos jours. Ces havres de paix, dans le silence desquels se forgent la conscience et le savoir, peuvent présenter certains dangers.

Un étudiant juif a été agressé verbalement puis roué de coups le mardi 26 février, au motif qu’il était Juif. Voir son témoignage

Sans vouloir préjuger des résultats de l’enquête, il est bon de savoir que les Jeunesses Identitaires sont assez actives au sein de cette université. Bien évidemment, il est trop tôt pour connaître les auteurs de manière précise.

Rappelons que certains étudiants de cette mouvance nauséabonde ont manifesté leur désaccord avec la Justice lorsqu'elle celle-ci a confirmé la condamnation en appel de Bruno Gollnish. Sur leur site, on trouve les appels les plus clairs à la haine et à la violence : "les Jeunes Identitaires ont aujourd'hui décidé qu'il était tant (sic) que la jeunesse commande à la jeunesse! Les Jeunesses Identitaires proposent à tous les jeunes Européens une organisation de combat moderne, adaptée aux défis que le 21ème siècle impose à ceux de notre sang. Pour défendre notre terre et notre peuple, autant menacés par la peste que représente l'immigration - invasion que par le choléra mondialiste, nous appelons solennellement tous les jeunes Français et Européens fiers de leurs racines et de leur héritage, à rejoindre nos rangs".

Au vu de la syntaxe et de l'orthographe approximative, on ne saurait trop conseiller à cette jeunesse si chatouilleuse de travailler un peu le français. Il serait TANT !

Il faut noter que l'étudiant, dans son témoignage, parle de son agresseur comme d'un proche de la mouvance palestinienne. "Je suis palestinien" lui a-t-il dit "Connais tu Moïse ?" avant de le frapper sauvagement.

Au même moment un jeune noir était attaqué dans le tramway "par deux skinheads"; ici l'origine des agresseurs fut bien soulignée. Mais l'origine de l'agresseur de la faculté de médecine fut passée sous silence.

Du politiquement correct au correctement anti-raciste !

A Grenoble, on aimerait croire à une mobilisation, d'autant que les actes racistes à Grenoble comme ailleurs, se multiplient.

Le jeune homme a été hospitalisé avec quelques blessures sérieuses. Il était en première année de pharmacie.

Mais il faut souligner également les circonstances de cette agression. Pas un des étudiants ne s’est levé, n’a cherché à intervenir. Le responsable de la bibliothèque est intervenu plus tardivement pour séparer les deux étudiants.

Personne pour faire bloc, personne pour empêcher cette agression. Cette non-réactivité du public et des étudiants eux-mêmes est préoccupante.

Eux qui sont si lestes à dénoncer les dictatures et les crimes qui ont lieu à 10.000 kilomètres de chez eux n’ont pas trouvé la force d’intervenir pour une agression qui a eu lieu devant leurs yeux.

Cette passivité devant la violence, devant la haine raciste et antisémite est scandaleuse. Mais elle ne semble scandaleuse que pour une minorité, ceux qui sont par exemple actifs au sein de SOS Racisme Grenoble.

Primo adresse à ce goupe local ses plus vifs remerciements pour son combat et prie ses amis de la région de se joindre à la manifestation.

© Primo, 29 février 2008

 Brèves
 26-02-2008 : Le Hamas a raté la marche

Le Hamas a raté la marche

Le pire scénario possible n’a pas eu lieu comme prévu. Pas encore.

Les caciques du Hamas, restés bien à l’abri dans leurs villas cossues, ont tenté d’envoyer contre Israël une foule composée de femmes, d’adolescents et surtout d'enfants.

Les hommes ne représentaient pas, loin s’en faut, la majorité. Il faut certainement voir dans cette « relative absence » un louable souci de discrétion de la part des hommes du Hamas, habitués, il est vrai, à fréquenter les cours d’école, mais dans l'unique but d'en faire des bases de lancers de missiles sur des civils israéliens.

En fait, l’explication la plus plausible est que peu de responsables du Hamas ont voulu se voir attribuer la paternité de ce qu’il faut bien appeler un échec.

Selon certaines agences de presse, peu suspectes de sympathie envers Israël, les manifestants étaient 10.000. Mais la plupart s’accordent à dire que le nombre de participants à cette longue marche n’a pas excédé 5.000. A peine un peu plus que lors d'une manifestation de fin de semaine.

Rien à voir avec les centaines de milliers de Palestiniens qui se sont rués en Egypte fin janvier afin de remplir leurs congélateurs et d'acquérir, avec un peu de chance et grâce à un réseau indéfectible, quelques armes sophistiquées.

Ce que le Hamas décrivait il y a deux jours comme une "gigantesque chaîne humaine de Rafah à Beit Hanoun", soit environ 50 km, s’est soldé par un rassemblement de 5000 personnes et quelques pneus brulés en queue de cortège par une cinquantaine de jeunes.

Le principe de cette manifestation doit cependant être étudié avec soin. Et nul doute que les analystes israéliens s’y emploient.

Son échec retentissant fera l’objet de plusieurs réactions contraires.

Certains y verront l’affaiblissement du Hamas et sa perte d’influence parmi la population gazaouite.

D’autres expliqueront que les avertissements qu’Israël a fait pleuvoir par médias interposés sur sa volonté de répliquer fermement à toute invasion de son territoire ont quelque peu refroidi les enthousiasmes.

D’autres encore, les plus nombreux, argumenteront que les 5000 manifestants sont parmi les plus vaillants physiquement et que les autres sont restés chez eux, épuisés par les privations. Explication qui ne tient pas la route une seule seconde, mais les analystes et les médias, même israéliens, nous ont habitués au pire.

Certes, Gaza est loin d'être un paradis. Mais, comparé aux pays africains, ce n'est pas un mouroir.

Du côté de la frontière israélienne, l’armée a remarqué un seul mouvement de foule significatif, celui des journalistes.

Dame ! Les caméras n’ont pas eu l’occasion de tourner lorsque le Hamas a fait sauter la frontière entre Gaza et l’Egypte, lorsque l’armée égyptienne tirait à vue sur cette foule et sur les islamistes planqués au milieu.

Les journalistes marchent en général au pas lorsqu’ils sont confrontés à un régime fort, qu’il soit égyptien ou palestinien. Mais dès lors qu’Israël pourrait être en cause, on les voit se précipiter pour ne pas manquer le cliché qui fait mal, celui qui provoquera l’indignation internationale.

Leur maître en la matière, Charles Enderlin, y a gagné une reconnaissance internationale. Ils auraient donc tort de se priver.

Ils en furent pour leur frais. La manifestation s’est achevée sans souci majeur. Les commerçants de Sdérot et des environs ont fait un peu plus de chiffre d’affaire, les journalistes ayant à se nourrir. Ce sera leur contribution à l’économie du pays.

Bien légère contribution puisque, dans ce pays où tout est proche de tout, les grands reporters-chasseurs d’images étaient rentrés pour le thé dans les vastes et soyeuses salles de l’Hotel American Colony. Ils avaient enfin quelque chose à raconter.

Aux rédac’chefs parisiens qui leur demandaient le matin même « j’veux du vécu, coco », ils ont été obligés de répondre qu’en guise de fumée, ils n’avaient que celles de feux de pneumatiques et de cagettes.

A peine plus photogéniques qu’une manifestation d’agriculteurs dans une sous-préfecture quelconque !

Pas de morts, pas d’affrontements sanglants, pas de photos de sanguinaires soldats israéliens tirant à bout portant sur des enfants hurlant de terreur.

Ceci posé, le principe d’une telle marche sera également analysé en profondeur par les propagandistes du côté palestinien. Et il y a fort à parier qu’un jour, ils essaieront à nouveau. Avec plus de réussite…

Et cette fois-ci, les journalistes seront présents. Cette fois-ci, la prochaine, il y aura des morts, des blessés graves.

Mais les islamistes ont, un peu partout dans le monde, apporté la preuve qu’ils se moquent des victimes, pourvu que leur objectif soit atteint, à savoir l’éradication des Juifs…et, plus largement, des infidèles.

© Primo, 25 février 2008

 Brèves
 23-02-2008 : Encre une histoire de "colons"
Encore une histoire de « colons »

Décidément, le quotidien parisien « Le Monde » ne veut pas faire mentir sa réputation d’organe officieux du nationalisme palestinien. C’est ainsi que son numéro du jeudi 21 février consacre deux grandes colonnes à dénoncer les exploits odieux des « colons ». Et quel est leur crime le dernier en date ?

Eh bien voilà, mesdames et messieurs, ces abominables colons sionistes, dans leur délire visant à établir la présence juive plusieurs fois millénaire à Jérusalem, et donc la légitimité de leur retour, utilisent l’archéologie.

Vous imaginez ? L’archéologie, ils se servent même de l’archéologie.

Si encore ils envoyaient des femmes juives faibles d’esprit se faire exploser dans les quartiers arabes de la capitale du roi David et de Salomon, on pourrait encore comprendre, ce serait la preuve d’un véritable désespoir, mais l’archéologie ?

Ils investiguent, font appel à l’histoire et à ses traces physiques.

"Ces travaux d’excavation menacent nos maisons… (Ils ont) favorisé l’intrusion de familles juives dans cette zone jusqu’alors peuplée exclusivement de Palestiniens. (…) en l’espace d’une vingtaine d’année, moyennant harcèlement juridique, falsification de documents et –écoutez bien bonnes gens, écoutez bien et observez l’ignominie de ces gens- et le recrutement de collaborateurs (des méchants Palestiniens traîtres qui acceptent de vendre leur maisons à un Juif ou à plusieurs d’entre eux), Eldad a réussi à s’emparer de plus de cent cinquante habitations au cœur de Silwan (l’ancienne Siloé biblique)".

Une question : s’emparer comment ? Ces maisons n’ont pas été vendues et achetées ? Elles ont été prises à force armée ?

Si, vendues, semble t’il, mais par des Arabes vendus à des Juifs colons.

Vous rendez vous compte ? Elle est belle la « Palestine laïque et démocratique » des portes parole officieux du nationalisme palestinien.

A suivre leur raisonnement tortueux, elle doit être « Judenrein » la Palestine !

C’est d’ailleurs ce que ne cesse de rappeler Ahmadinejad qui a reçu récemment deux journalistes du même « Monde ». Y aurait pas comme un rapport ? (lire Ahmadinejad et son faire-valoir de Michel Gurfinkiel, ndlr Primo)

Le métro parisien sillonne sous Paris depuis plus d’un siècle, cela n’a jamais fait crouler un immeuble, mais là, attention ! Ces sionistes sont de tels répugnants personnages qu’on peut s’attendre à tout.

Ils ont imaginé un tunnel « qui mène juste en dessous de la mosquée Al Aqsa, troisième lieu saint de l’islam, distante d’environ cinq cent mètres ».

Le correspondant du Monde nous rappelle au passage, qu’il en a fallu bien moins pour déclencher de précédentes émeutes.

Il aurait pu aussi rappeler, qu’en 1929, l’ami et allié militaire d’Adolphe Hitler, le grand Mufti de Jérusalem fit distribuer des cartes postales truquées.

Elles montraient la mosquée d’Omar avec le drapeau sioniste flottant au sommet. Cette criminelle machination permit à Husseini de provoquer les pogromes d’août 1929, accompagné de sauvages massacres de gens inoffensifs à Hébron, Safed et Jérusalem, ville majoritairement juive jusqu’en 1948 quand la Jordanie l’annexa et expulsa ses habitants Juifs.

On peut s’interroger. Que cherche le quotidien « Le Monde », sinon fournir une caution morale aux futures bombes humaines, en nous chantant l’air bien connu : ils l’ont bien cherché ?

Alain Rubin © Primo, 22 Février 2008